Il était animateur culturel au CPAS. Il avait ses ateliers, ses gens qui comptaient. Puis le budget a été coupé. Réattribué à la sécurité. On lui a retiré son gagne-pain, alors pour survivre, Isaac a dû devenir ce qu’il n’avait jamais été : garde de sécurité. Il a enfilé l’uniforme, celui qu’on lui a tendu, parce qu’il fallait bien manger. Un costume trop grand pour quelqu’un qui avait eu le sien. Il porte désormais l’habit de ceux qui surveillent, mais il a gardé le cœur de ceux qui errent.
Il a tout eu et tout perdu, alors il partage ce qui est là, ce qu’il reste.
Un homme chargé de garder les portes, mais qui ne sait plus très bien ce qu’il retient — ou ce qu’il laisse passer.
Isaac trébuche avec grâce dans un monde qui marche au pas. Il ne renverse aucun système. Mais il sauve ce que tous les systèmes oublient : un geste, un visage, une dignité minuscule.
Le concept
Inspiré de la marche des philosophes, « En vrac » est une balade-spectacle qui suit ce vagabond moderne. Avant même d’entrer dans le jeu, le public est invité à marcher avec lui.
Il nous montre que trébucher ensemble est la seule manière de rester debout dans un monde qui veut nous mettre au pas.
Il nous parle de ce qui, en nous, échappe toujours au contrôle : cette part d’humanité « en vrac » qui nous empêche de disparaître dans le système.
Distribution et infos :
Spectacle d’environ 60 minutes
Écrit et interprété par Emmanuel Guillaume
Regards extérieurs : Simon Fiasse, François Houart et Jean-Louis Danvoye
Avec le soutien du Centre Culturel Action-Sud Viroinval
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